Associer son enfant aux préparatifs et aux activités au moment des fêtes est une très belle façon de l’aider dans son développement, de renforcer sa confiance en lui et de se fabriquer de beaux souvenirs.

Les préparatifs

Les enfants attendent avec impatience ces moments de fête et sont excités. Certains peuvent avoir plus de mal à se réguler et leur comportement s’en ressent. D’autres ont de la difficulté à évaluer la temporalité de leur attente. Voici des idées pour structurer leur participation en ce mois de décembre :

  • le calendrier de l’avent commencé le 1er décembre leur permet de visualiser et matérialiser le nombre de jours. On peut remplacer le traditionnel au chocolat par un calendrier fait maison avec des petits messages, un indice vers un trésor, ou autre surprises de votre imagination…plus grands, les enfants adorent inventer leur propre calendrier.
  • décorer la maison offre de nombreuses possibilités de passer du temps ensemble pour créer et fabriquer guirlandes, mobiles, étoiles, qui ravissent les enfants. Parfois il suffit de proposer un thème aux enfants, de leur fournir des ciseaux, de la colle, des rubans, du carton, des feutres. Au-delà de la motricité fine, ces activités manuelles stimuleront leur créativité et leur imagination, compétences nécessaires à leur épanouissement et à leur capacité à trouver des solutions. Pour ne pas en faire un motif de stress on veillera à ne pas avoir d’attente particulière quant à la finition, mais d’accueillir la participation de chaque enfant à son niveau.
  • décorer un sapin, qu’il soit vivant ou en bois, est un autre moment fort avant Noel. Après lui avoir montré comment faire, on peut proposer aux enfants d’accrocher les décorations en bas du sapin, là où ses parents ont du mal à accéder. Ceux qui tolèrent mal les aiguilles qui piquent peuvent enfiler des gants et un bonnet (de lutin) pour se protéger. Ils peuvent aussi créer leurs propres décorations en y attachant un bout de ficelle, belle occasion de pratiquer les nœuds. Quand « l’œuvre » est finie, on prend le temps d’admirer ensemble l’œuvre commune, et dire ce qu’on a aimé.
  • préparer des cadeaux pour les autres permet à l’enfant la réciprocité donner/recevoir. Chacun peut réfléchir à ce qui ferait plaisir à Mamie, Tonton, Nounou, ma petite sœur… et faire en cachette, ou avec de l’aide, un petit présent, peu importe ce que c’est, car c’est l’intention qui compte. Emballer le cadeau, même si c’est un dessin, permet de s’exercer aux manipulation fines et coordonnées, de faire des nœuds, d’utiliser les ciseaux, et surtout le scotch, grand plaisir des enfants ! L’enfant extraordinaire a besoin de donner autant qu’il a besoin d’aide, cela l’aide à construire sa confiance et son image de lui-même.
  • A éviter : les supermarchés ou centres commerciaux sont sur stimulants et désorganisent le système nerveux des enfants sensibles. Remplacer par une balade dans la nature, une sortie au parc de jeux, un sport d’hiver.

 

Pendant les fêtes

 

  • Pour un enfant rassuré et confiant, on veille à annoncer clairement le programme, et si possible avec un rappel visuel facilement accessible : 3 photos sur le frigidaire, ou un dessin sur la porte, lui permettront de vérifier le matin, ou la veille, ce qui est prévu : où on va, avec qui, ce qu’on emporte.
  • Si on fête Noël chez les autres (grands-parents, amis, famille) se prépare en amont avec l’enfant extraordinaire : on peut l’aider à mettre dans un petit sac à dos ce qu’il/elle souhaite emporter pour créer sa bulle de confort : un doudou, une couverture lestée, un jouet tactile ou à mâchouiller peuvent devenir très utiles quand l’enfant commence à se fatiguer, ou à se surexciter. En arrivant, on cherchera avec l’enfant l’endroit où il pourra faire une pause en solo en cas de besoin, afin que tout soit prêt à ce moment-là. Trop souvent, quand les comportements se dégradent au milieu de la fête, il est trop tard pour agir en sérénité, les adultes étant souvent dans la réaction immédiate pour faire cesser le comportement. Alors qu’en prévoyant ses « stratégies » avec l’enfant, en repérant les lieux avec lui à l’avance, et en gardant un œil sur son niveau d’excitabilité, on parviendra à éviter les énervements et débordements respectifs.
  • Si on fait la fête à la maison, les repères sont plus faciles, cependant il est bon de préparer l’enfant à l’ « envahissement » de son espace de vie. Se garder une pièce pour les pauses en cas de surcharge sensorielle.
  • Dans tous les cas, en prévention comme en remédiation, sortir dehors réorganise plus rapidement enfants et adultes surexcités, énervés, ou en surcharge sensorielle. Un jeu au jardin, un tour au parc, une promenade sur la piste cyclable ou une partie de luge apportent de la modulation, avant, au milieu, ou suite à la fête en intérieur.
  • Si l’on ouvre des cadeaux, proposer à un enfant de faire des boules avec le papier cadeau après chaque déballage et les mettre dans un carton ou une corbeille. Au-delà de lui donner un rôle, une responsabilité à sa hauteur, et de permettre de désencombrer l’ espace, serrer les boules entre ses mains lui apportera de la modulation et du plaisir.

 

Après les fêtes

 

  • Dans le même esprit, ne pas hésiter à faire participer ceux qui le peuvent au rangement post-fête : quand chacun se charge d’une tâche, le nettoyage va plus vite et devient une activité familiale et partagée.
  • Créer des petits mots ou dessins de remerciement peuvent occuper les enfants dans les jours de vacances qui suivent, tout en pratiquant leur graphisme de façon non dirigée et ludique. Pour éviter de s’en lasser, on peut en faire un par jour.
  • Démonter les décorations peut aussi devenir une thématique à faire en famille. Organiser un rangement logique (les boules rouges dans la boite, les guirlandes dans un sac, etc.) entraine les enfants à trier, réfléchir, manipuler, et pourquoi pas écrire le titre sur la boite. Ils seront joyeux l’année suivante de retrouver ce qu’ils ont rangés eux-mêmes. Ce sont là des compétences fort utiles dans la vie, et quoi de plus naturel que de les apprendre avec ses parents.

 

Il y a sans doute encore plein d’idées à explorer pour faire participer les enfants , extraordinaires ou non, aux fêtes de fin d’année, sans que cela engendre du stress supplémentaire. On peut ainsi mettre en place des rituels familiaux qui resteront gravés dans leur mémoire comme des trésors.

A tous de très belles fêtes de fin d’année !

Isabelle Babington est ergothérapeute, formatrice en Intégration neurosensorielle et auteure de « L’enfant extraordinaire, comprendre et accompagner les troubles des apprentissages et des comportements » éditions Eyrolles